En devenant parent, je me suis posé énormément de questions autour de l’alimentation. Et cela commence très vite. Presque immédiatement. Est-ce que mon bébé boit assez ? Est-ce qu’il a faim ? Pourquoi il réclame encore ? Est-ce qu’il dort parce qu’il est rassasié… ou parce qu’il est épuisé ? Est-ce que ce qu’on fait est bien ? Je me suis posé toutes ces questions, souvent plusieurs fois par jour, et parfois plusieurs fois par nuit aussi.
C’est tout à fait normal. Nourrir son bébé, c’est l’un des gestes les plus simples en apparence… et pourtant l’un des plus chargés émotionnellement quand on devient parent. Parce qu’au fond, nourrir son enfant, c’est prendre soin de lui de la manière la plus directe qui soit. C’est veiller à sa croissance, à son confort, à son apaisement. Et forcément, on veut bien faire.
Quand les enfants étaient petits, les repas rythmaient une grande partie de nos journées. Et de nos nuits. Entre les biberons à préparer, les réveils nocturnes, les premières compotes, les purées maison, les aliments refusés puis adorés trois semaines plus tard… j’ai appris énormément. Pas dans les livres uniquement, mais surtout dans le quotidien, dans l’observation, dans les essais, et parfois dans les erreurs aussi. C’est ce vécu de papa que j’avais envie de partager ici.
J’ai passé pas mal de temps à choisir les accessoires du quotidien, parce qu’on finit vite par comprendre qu’on les manipule plusieurs fois par jour. On peut voir les biberons adaptés aux nourrissons allaités comme nourris au biberon. J’ai beaucoup regardé les modèles proposés par Bibs. Je voulais quelque chose de pratique bien sûr, mais aussi agréable à utiliser et confortable pour les enfants. Ce sont de petits détails, mais quand on prépare plusieurs biberons par jour et en pleine nuit, on apprécie vite que les choses soient simples.
En matière d’alimentation de bébé, il n’existe pas de règle parfaite. Chaque bébé est différent. Certains mangent avec enthousiasme dès la première cuillère. D’autres prennent leur temps. Certains semblent aimer tout immédiatement. D’autres refusent plusieurs fois avant d’accepter. Et cela ne dit rien sur les parents. Cela raconte simplement la personnalité de l’enfant qui se construit.
L’allaitement et les laits infantiles
Je préfère le dire franchement,en tant que papa, je reste prudent quand il s’agit de parler d’allaitement. C’est un sujet intime, personnel, parfois sensible, qui appartient d’abord à la maman et au bébé. Mais il fait évidemment partie du sujet quand on parle de l’alimentation des tout-petits.
L’allaitement est la manière la plus naturelle de nourrir un bébé. Le lait maternel répond parfaitement à ses besoins nutritionnels. Mais dans la vraie vie, les choses sont parfois plus complexes que ce qu’on imagine avant la naissance. Il y a le rythme du bébé, la fatigue, parfois des douleurs, parfois des difficultés de mise en place, parfois simplement l’envie ou le besoin de faire autrement.
Avec le temps, j’ai surtout compris qu’il n’existe pas une bonne manière universelle de faire. Il y a celle qui convient à la famille, à la maman, au bébé, à leur équilibre à tous. Certains bébés sont allaités exclusivement. D’autres prennent le biberon. D’autres alternent les deux. Et tout cela peut très bien se passer.
Le biberon, pour moi, a toujours eu une place particulière. Peut-être parce qu’il m’a permis de prendre ma part très concrètement. Préparer le lait, donner le biberon, calmer le bébé dans le silence de la nuit… ce sont des souvenirs très forts que je garde encore aujourd’hui.
Je me souviens particulièrement de ces réveils nocturnes où toute la maison dort encore. On descend dans la cuisine à moitié réveillé, on prépare le biberon presque machinalement, puis on revient s’installer dans le calme avec son bébé dans les bras. Ces moments-là sont fatigants sur le moment… mais quand j’y repense, c’est extraordinaire. Je les ai toujours vécus comme de vrais moments de proximité et d’intimité avec mon bébé.
La diversification alimentaire
L’arrivée de la diversification alimentaire reste l’une des périodes que j’ai préférées. Vers 4 à 6 mois, tout change progressivement. Le bébé ne découvre plus seulement la faim et la satiété à travers le lait. Il découvre le goût. J’ai énormément suivi les conseils de la pédiatre de mes enfants pour commencer cette étape.
Et découvrir le goût, pour un bébé, c’est découvrir le monde. Je trouve cela fascinant à observer. Tout est nouveau pour lui : la texture, la température, l’odeur, la couleur, la sensation sur la langue… parfois même la surprise provoquée par une saveur inattendue.
Je me souviens encore des premières cuillères de compote, des grimaces après certains fruits plus acides, des regards étonnés après une saveur nouvelle. La première fois qu’un bébé goûte du citron est souvent un grand moment familial. Entre surprise, incompréhension et curiosité absolue.
J’ai toujours pensé qu’il valait mieux avancer doucement. Un aliment à la fois. Sans précipiter les choses. Sans chercher à faire goûter “un peu de tout” trop vite. Le bébé a tout le temps devant lui. Une cuillère suffit parfois largement pour une première découverte. Le plus important n’est pas la quantité. C’est l’expérience.
Le lait reste son alimentation principale pendant encore longtemps. La diversification vient en complément. Comme une ouverture progressive vers autre chose. Les goûts se construisent dans le temps. Ce que j’ai trouvé très intéressant avec mes enfants, c’est de voir à quel point le goût se construit lentement. Et surtout qu’il évolue énormément.
Un bébé n’a pas encore nos habitudes alimentaires. Il n’a pas nos préférences, ni nos dégoûts. Il arrive sans repères. Il découvre tout avec curiosité. C’est pourquoi j’ai toujours essayé, autant que possible, de leur faire goûter des aliments variés, y compris ceux que moi je n’aime pas.
Je prends souvent cet exemple parce qu’il me fait sourire : je déteste les bananes. Vraiment. Pourtant je trouvais important que mes enfants puissent découvrir ce goût sans être influencés par mon rejet personnel. Je ne voulais pas leur transmettre mes goûts comme des limites. Parce qu’au fond, les enfants ont souvent une curiosité alimentaire bien plus ouverte que la nôtre.
Entre 6 mois et 1 an : manger avec les mains, apprendre avec tout son corps.
Entre six mois et un an, les repas deviennent de véritables expériences sensorielles.
On pense souvent que le bébé mange. En réalité, il apprend énormément de choses en même temps.
Il attrape les aliments. Les écrase entre ses doigts. Les regarde tomber. Les porte à sa bouche (et les recrache!). Les reprend. Les observe encore. Ce qui peut ressembler à du désordre vu d’adulte est en réalité un apprentissage très riche. Motricité fine, texture, mastication, coordination… énormément de choses se mettent en place autour de la nourriture.
Oui, cela salit énormément. Oui, il faut souvent nettoyer la chaise, la table, le sol… et parfois le bébé lui-même de la tête aux pieds (ou le mettre directement à la douche). Mais cela fait pleinement partie du processus.
À partir d’un an
Autour d’un an, je trouve qu’un cap très agréable est franchi. Le bébé devient progressivement un véritable petit convive. Il s’assoit avec tout le monde. Il observe les assiettes des autres. Il veut goûter ce qu’il voit. Et souvent, ce qui est dans l’assiette des parents paraît bien meilleur que ce qu’il a devant lui. C’est aussi à ce moment que l’imitation devient très forte. L’enfant regarde tout. Comment on mange. Comment on tient sa cuillère. Ce qu’on aime. Ce qu’on refuse. Le plaisir que l’on prend à table. Je suis convaincu qu’il apprend énormément simplement en nous regardant manger.
Entre 2 et 3 ans les goûts s’affirment
Puis arrive souvent une phase que beaucoup de parents connaissent bien : celle du tri alimentaire et des refus inattendus. Un enfant qui mangeait volontiers certains aliments peut commencer à les refuser sans raison apparente. Il trie. Il sélectionne. Il repousse. Il goûte parfois à peine. Il affirme ses préférences avec beaucoup d’assurance. C’est parfois déstabilisant. L’enfant grandit moins vite qu’avant, son appétit change, et surtout sa personnalité s’affirme. Dire “non” à table fait aussi partie de son développement. J’ai constaté qu’insister fonctionne rarement. En revanche, continuer à proposer tranquillement, sans pression, donne souvent de meilleurs résultats avec le temps. Un aliment refusé aujourd’hui peut redevenir intéressant demain. Ce qui compte le plus c’est le plaisir de manger ensemble
S’il y a une chose que je retiens de toutes ces années autour des repas, c’est probablement celle-ci : l’ambiance à table compte énormément. Un repas n’est jamais seulement nutritionnel. C’est aussi un moment familial. Un moment relationnel. Un moment affectif. Le bébé sent immédiatement si l’on est tendu, inquiet ou contrarié. Il sent aussi quand le repas est un moment détendu, agréable et partagé. Je crois beaucoup à cela. Proposer sans forcer. Faire découvrir sans imposer. Laisser de la place à la curiosité. Respecter le rythme de l’enfant. Et garder le plaisir au centre.
Aujourd’hui encore, il suffit parfois que je croise un biberon BIBS dans un magasin ou dans la cuisine de mes amis pour que tous ces souvenirs reviennent immédiatement : les réveils nocturnes, les petites mains pleines de purée, les bavoirs tachés, les compotes sur les joues, les repas un peu chaotiques… et tout ce qu’ils racontaient de la vie de famille. Au fond, l’alimentation du bébé n’a pas besoin d’être parfaite. Elle a surtout besoin de temps, de patience, de régularité et de beaucoup d’amour. Et souvent, c’est déjà largement suffisant.

